Déjeuner en paix… Pourtant, en lisant (des)informations Kconomiques que mon cerveau tente d’assimiler, il apparaît bien que tout va mal dans le Meilleur des Mondes. Heureusement, le coupable est connu. En France, tout ce qui dysfonctionne est la faute au Néo-libéralisme, qui a droit, chaque jour, à ces Deux minutes de la Haine… Voilà, j’ai réussi à citer Huxley et Orwell dans un seul paragraphe…
L’implacable Loi du Marché ? La faillite des services publics ? La crise, le chômage ? Les taxes, les Zimpôts ? Les bas salaires ? Les hauts salaires ? … Et ma tante, qui vient de rater son fameux et fameux gâteau au chocolat ?… La faute au néo-libéralisme !… C’est une extension de la Loi de Godwin. Plus le débat dure, et plus la probabilité pour que la discussion se finisse par « c’est la faute au néo-libéralisme » est proche de 1.
Alors jetons un œil sur ce qui fout les jetons… Dans néo-libéralisme, il y a néo et libéralisme. Le terme néo vient du Grec ancien néo qui veut dire néo. C’est un préfixe qui exprime la nouveauté.
Dans les mots qui commencent par néo, il est possible de distinguer deux grandes familles. Tout d’abord les scientifiques, issus du vocabulaire biologique (néoténique) ou chimique (néodyme). Puis les philosophiques. Dans ce cas, il s’agit souvent d’une construction didactique. Vous prenez un concept pas clair ou une école de pensée un peu floue et vous rajoutez néo. Vous obtenez alors un néologisme apportant une moderne complexité à la confusion d’origine : néopédagogisme, néocriticisme, néovitalisme… Sans oublier le néodorant. Qui ne dore rien. Mais qui sent bon…
Attention aux pièges ! Ainsi un Néo-Zélandais peut être un nouvel habitant de l’ancienne Zélande, une province maritime des Pays Bas ou un ancien habitant de la Nouvelle-Zélande. Car oui, la Nouvelle Zélande a été découpillée par un diable Hollandais, Abel Tasman, en 1642.
Dans néo-libéralisme, il y a surtout libéralisme. Et là, on tape dans le dur. Car vous n’aurez pas assez de toute une vie pour lire juste les titres de l’ensemble des Zœuvres relatives au libéralisme. En provenance du Latin Liber (homme libre), le libéralisme apparaît comme une pensée philosophique, un projet politique, un socle du droit positif, une doctrine Kconomique.
Et un livre de recettes de cuisine : le libéralisme classique, le libertarianisme, le national-libéralisme, l’ordo-libéralisme, le social-libéralisme, le libéral-conservatisme, l’anarcho-libéralisme, le libéralisme néo-classique (le libéralisme neuf et vieux donc), le néolibéralisme néoclassique…
Noble, digne et généreux comme tous les Anglais, John Locke (1632-1704) est à la fois contemporain de Albert Tasman et considéré comme le précurseur du libéralisme. C’est donc à un esclavagiste et raciste convaincu que nous devons sans contestation possible une idéologie prônant la liberté et la reconnaissance de Lindividu…
Mais, surtout, le libéralisme est l’élément fondateur du Grand Clivage Politique. Il est à l’origine d’un monde simple, binaire, coupé en deux dans sa verticalité. A ma droite : Smith, le Méchant Libéral. A ma gauche : son contraire, Marx, l’Anti-libéral. Le Zantil qui n’existe que dans la critique du premier. Il faut choisir son camp. C’est une opposition unique de pensées uniques… E pur si muove !
Pour monter ? … Pousser vers la gauche !
Comme son nom l’indique, le néo-libéralisme apporte modernité au concept. Tout d’abord, il ajoute un second cloisonnement horizontal – le haut et le bas. Puis il adjoint au système un jeu d’engrenages complexes digne des Shadoks. Pousser la première séparation vers la gauche ferait automatiquement monter la seconde vers le haut.

Depuis 50 ans, néo-libéraux et Zantils-néo-libéraux nous font croire à une terrible lutte de Pouvoir. Les Zuns poussent à droite. Les Zautres poussent à gauche… Détournant les énergies du vrai combat : la séparation entre le haut et le bas (l’ascenseur social) est bloquée depuis longtemps… Ainsi s’explique le Grand Renoncement.
Finalement, le néo-libéralisme, c’est comme les Spaghettis à la Bolognaise. Il y a deux ingrédients, des spaghettis et de la sauce. Si un jour, un gars vous présente une assiette avec des pâtes et de la sauce Bolognaise et vous dit qu’il a inventé une nouvelle recette, la Néo-Bolo, c’est une Narnak…
« – Mais alors, demande l’essayiste américain Thomas Frank, pourquoi des pauvres votent à droite ?
– Parce que, cher Thomas, pour faire de la bonne sauce Bolognaise, il faut beaucoup de viande Hachée… »
Si je te le dis