Attention, Mesdames et Messieurs, dans un instant, on va commencer… Depuis ses Zorigines romaines, le cirque attire toutes les populations, des plus riches aux plus pauvres. Le spectacle vivant, sans cesse renouvelé, a souvent trouvé l’écoute des gouvernants, toujours prompts à favoriser la Démocratisation des loisirs. L’amusement comme un nécessaire Opium du Peuple nous rappelleraient Marx et ses frères, grande famille de Comic’s.

Depuis quelques mois, nous assistons sous nos yeux Zébahis à une création des Zétoiles du Cirque de Pékin. Ce divertissement, on-line et mondial, réactualise le héros mythique de la littérature Ming classique, Sun Wukong. Le Roi des Singes. L’Empereur de tous les Taquins. Sous son apparence malingre, Sun Wukong est un redoutable combattant capable de toutes les magies : transformations, recombinaisons, mutations…
Les Zillusions d’une Crise
Composé de plusieurs numéros qui se succèdent sur une scène planétaire, ce spectacle résolument moderne et disruptif repose pourtant sur les bases traditionnelles de l’illusionnisme. Il s’agit de capter l’attention de l’auditoire, de le détourner de l’essentiel pour l’attirer vers le superficiel. Et ainsi lui faire perdre le bon sens…
Tout commence en Chine, dans la mégalopole de Wuhan. Un médecin lanceur d’alerte s’inquiète d’une maladie ultra-contagieuse qui fait des ravages dans sa patientèle. Malgré l’urgence de la situation – 2200 morts et 75000 contaminés en quelques semaines – le Gouvernement du PC s’inscrit dans une posture de déni afin de démontrer son efficacité et d’éviter les mouvements de panique.
Le premier tour de prestidigitation consiste à dédramatiser une situation dramatique.
Alors que le nombre de victimes est encore très inférieur à celui d’une grippe classique – 600000 morts par an dans le monde – les décisions prises renforcent l’incompréhension et l’inquiétude des populations. Deux villes (Wuhan et Huanggang) et 50 millions de personnes sont mises en quarantaine : suspension des transports, fermeture des usines et des écoles, interdiction des rassemblements, mise en place d’une censure sanitaire…
C’est le deuxième niveau du numéro de magie : prendre des mesures dramatiques afin de dédramatiser une situation dramatique.
Ensuite, le Corona Circus quitte la scène asiatique pour une tournée mondiale. Avec des premiers succès retentissants en Italie, en France, aux Etats-Unis… La couverture médiatique en continue donne force et légitimité à un spectacle féérique. Dans les conditions du direct, nous ne manquons rien. Jeux de chiffres. Jeux de cartes. Acrobates des mots et des bâts. Clowns en tous genres. Dresseurs de chauves, de souris et de pangolins. Toutes les disciplines du cirque sont revisitées pour notre plus grand bonheur.
D’autant que le Cirque de Pékin fait honneur à Sun Wukong et ses pouvoirs Zextraordinaires. Le spectateur aux Zanges mélange le nombre de morts avec les cours du CAC40. Confond la carte animée du Covid-19 avec celle du commerce du pétrole… Attend que les Banques Centrales trouvent des solutions pour lutter contre le virus. Et que les médecins endiguent la chute des bourses et la récession Kconomique à venir…
Car les Grands Zillusionnistes sont au sommet de leur art. En Lombardie, on confine des enfants mais on laisse des Tifosis Turinois suivre leur équipe de foot à Lyon… Dans l’Oise, on interdit un marché forain sur le parking d’un centre commercial qui lui reste ouvert… A Hangzhou, des usines tournent à vide afin de faire croire que l’épidémie est endiguée… Grand spectacle : partout où porte le regard, c’est un festival…
C’est le troisième niveau de ce numéro de magie extraordinaire : dédramatiser des mesures dramatiques prises afin de dédramatiser une situation dramatique. Une mise en abîme…
Pour les Zexperts en processus cognitifs, ils assistent à la plus belle expérience de Cécité d’Inattention (Inattentional Blindness) jamais réalisée. Rendant obsolète le Test du Gorille Invisible des chercheurs D. Simons et C. Chabris.
Mais les Magiciens gardent leurs secrets. Ainsi, tout le monde a bien compris qu’ils n’avaient pas le temps de recoller le corps de la jeune femme coupée en deux dans une boite à la scie égoïne. Nous savons bien qu’elle est remplacée par un sosi(e) resté(e) intact(e) et caché(e). Reste le seul et vrai mystère : où se trouve ce pays de jolies jumelles à fines jambes et bas résille ?
Si je te le dis